La méthode permet d'améliorer considérablement
le comportement et d'élargir rapidement le savoir de tout
cheval, qu'il soit de promenade, de dressage ou de saut d'obstacles.
Les chevaux perturbés, indisciplinés, retournent,
sans heurt, dans le droit chemin.
Quel est le résultat le plus spectaculaire que permet l’auto-posture ?C’est l’obtention du piaffer préalable. Dans les quatre méthodes de JYLG, le piaffer est un point de départ obligatoire, la base de l’éducation, et non, comme dans la discipline équestre dite Dressage, un point d’aboutissement hypothétique et rarement atteint. Trois exercices de base permettent d’obtenir le piaffer : le pas ralenti à l’extrême ou le pas écouté (équitation baroque), suivi d’un reculer très spécial et de l’exercice balancer le cheval, progressivement raccourci à l’avancée et le reculer d’un sabot...
Une première approche de l'auto-posture du cheval par
intervention directe de l'écuyer ou du cavalier : les
voies fermées, les barrières, la voie ouverte.
L'un des grands principes de l'auto-posture du cheval est
de ne pas obliger le cheval à effectuer le mouvement, à prendre
la posture, à faire le geste souhaités par l'écuyer
ou le cavalier, mais de le mettre dans une situation qui le conduit,
après réflexion, à effectuer ce mouvement, à prendre
cette posture, à faire ce geste.
La mise en place de « voies fermées » ne
laissant qu'une « voie ouverte » permet de parvenir à ce
résultat. Lorsque le cheval s'engage dans une voie interdite,
il rencontre une « barrière » : paroi, mur,
clôture, fil (non électrifié !), selon
les manèges et les carrières, mains de l'écuyer
ou du cavalier (j'emploie ici le mot « écuyer
» pour l'éducateur qui fait travailler « à pied
» le cheval, et le mot « cavalier » pour celui
qui le fait travailler « monté »), corps
de l'écuyer,
gaules. Lorsque le cheval rencontre une barrière, il
se pose des questions et commence à chercher une solution
au problème qui lui est posé.
Deux exemples, l'un
concernant le reculer, l'autre l'épaule en dedans et qui
sont, dans ma progression, le deuxième et le troisième
des exercices abordés (le premier étant le pas
ralenti à l'extrême, également appelé pas
compté).
Le reculer, à main droite
Les voies fermées
Le cheval tente de se diriger
vers l'avant, il rencontre une barrière : les
mains de l'écuyer ou
du cavalier se ferment sur les longes de conduites ou
les
rênes = voie fermée.
Le cheval ne peut pas se
diriger vers la gauche, il voit la paroi ou le mur
ou la clôture ou le ruban,
il voit la barrière = voie
fermée.
Le cheval tente de se diriger
vers la droite, il rencontre une barrière : le corps et la gaule, horizontale,
de l'écuyer, le cavalier ferme la rêne gauche
= voie fermée.
La voie ouverte
Le cheval ne trouve qu'une voie ouverte : le déplacement
vers l'arrière, le reculer,
par auto-posture.
Et ce n'est qu'un aspect de
cette auto-posture. En fait le cheval va rapidement reculer
sans aucune aide, il va trouver les postures justes,
ligne du dessous tendue, ligne du dessus décontractée.
Il va faire du reculer une allure fondamentale et indispensable
qui va lui donner musculature, équilibre (rassembler).
En revanche le reculer, « arraché »
par les forcements de l'écuyer ou du cavalier, est
un exercice nocif au plus haut point.
Pas ralenti à l’extrême,
deux sentiments, écartement des jambes du cavalier à cause
de la tension des abdominaux et de la réduction
de la base de sustentation (diagonalisation, apparence
de trot, mais quatre posers distincts) qui « gonflent » le
cheval et soulèvement du cavalier à cause
de l’importante flexion thoracique (3), reculer,
main et aide de poids par pesers des étriers,
pour la demande de reculer (2) reculer, aide de poids
maintenue, mais « ni main, ni jambes » =
auto-posture : ligne du dessous tendue, ligne du dessus
décontractée (1), auto-posture : rassembler
maximum dans le piaffer et sans intervention du cavalier
en dehors de l’emploi de l’assiette-rétropulsive
(« ni main, ni jambes »), rein cambré (4
et 5).
L'épaule en dedans, croupe au mur, de gauche à droite
Les voies fermées
Le cheval (croupe au mur) tente
de se diriger vers l'arrière, il rencontre une barrière
: paroi, mur, clôture, simple ruban, gaule de l'écuyer
en arrière, jambes du cavalier = voie
fermée.
Le cheval tente de se diriger
vers l'avant, il rencontre une barrière : les mains de l'écuyer ou du cavalier
se ferment = voie fermée.
Le cheval tente de déplacer
son avant-main vers la gauche, il rencontre une barrière
: le corps du cavalier, la gaule de l'écuyer, la rêne
gauche que le cavalier ferme ou la rêne droite que le cavalier
ouvre = voie fermée.
Le cheval tente de se rabattre
vers la piste extérieure pour marcher en ligne droite,
il rencontre une barrière : la longe de conduite gauche
que l'écuyer ouvre, la rêne gauche que le cavalier
ouvre = voie fermée.
La voie ouverte
Le cheval ne trouve
qu'une seule voie ouverte, celle du déplacement latéral
en épaule en dedans.
Et ce n'est qu'un aspect de cette auto-posture. En fait le cheval
va rapidement se déplacer en épaule en dedans sans
aucune aide, il va trouver les postures justes, ligne du dessous
tendue, ligne du dessus décontractée. Il va faire
de l'épaule en dedans une allure fondamentale et indispensable
qui va fortifier la base de son encolure, remonter son garrot,
lui donner l'équilibre (rassembler) et la relaxation.
En revanche l'épaule en dedans, « arrachée » par
les forcements de l'écuyer ou du cavalier, est un exercice
nocif au plus haut point.
Cette technique des voies fermées et de la voie ouverte
permet d'éviter :
Les « tiraillages » de longes
de conduite ou de rênes ;
Les « gesticulations » du
corps du cavalier ;
Les « coups » de gaule
ou de cravache ;
Les « coups » de talons ou
d'éperons
du cavalier ;
En un mot un ensemble disgracieux
de gestes, de contraintes, peu favorable à la bonne entente, pouvant
même mener aux conflits, et qui peuvent atteindre un degré d'immoralité intolérable
lorsque le cavalier
« tire dessus » et « entre
dedans ».
Cette technique des voies fermées et
de la voie ouverte permet de progresser rapidement et
dans
le « bon
sens » :
Le cheval, après plusieurs essais, après
réflexion, trouve le mouvement souhaité ;
Cette
approche est, au point de vue pédagogique, d'une supériorité écrasante
;
Le cheval devient un partenaire pensant ;
Une joyeuse
complicité s'établit
même entre lui et son éducateur ;
L'éducateur « fixe » le
mouvement découvert. Pour ce faire, il emploie un vocable
(toujours le même !),
il s'empresse de féliciter
son élève et de le récompenser lorsqu'il
s'est engagé dans la voie ouverte.
Cette technique des voies fermées et de la voie ouverte
permet d'obtenir :
La collaboration du cheval, collaboration
réfléchie, librement consentie, généreuse
;
Que le cheval prenne, de lui-même, par auto-posture,
les postures justes et fasse, de lui-même, grâce
aux libertés musculaire et mentale qui lui sont accordées,
par auto-posture, les mouvements justes.
Plus tard l'éducateur mettra le cheval devant
un problème
en apparence insoluble : toutes les voies seront fermées
! Le cheval découvrira … le piaffer !
Les exercices et les manipulations
antagonistes couplées
par deux permettent l'auto-posture du cheval
Trot, flexion au poitrail,
sentiment, soulèvement du cavalier plus intense
que lors du pas ralenti à l’extrême, à cause
de l’intensité accrue de la flexion thoracique
(1 et 2), relèvement de l’encolure avec la
main (sans forcement, jusqu’au point que permet l’éducation
du cheval !), assiette-rétropulsive bilatérale,
par pesers des ischions, rein légèrement
cambré (3), auto-posture, passage, sans main, ni
jambes (4 et 5).
La « flexion au poitrail »,
manipulation de la colonne vertébrale demandée
par le cavalier, n’a rien à voir avec la vilaine
défense du cheval que l’on appelle « encapuchonnement ».
Le couplage par deux des exercices et des manipulations est
le grand principe de l'auto-posture directe .
Dans cet ouvrage, nous avons étudié le
pas ralenti à l'extrême et le
reculer,
la flexion au poitrail et les flexions
de la colonne vertébrale, dont
la contre-flexion cervicale.
Il est indispensable de « coupler
» ces exercices et manipulations : pas ralenti à l'extrême/reculer
= rassembler intense et même piaffer, flexion au poitrail/élévation
de l'encolure = contre-flexion cervicale. Il y a bien d'autres
antagonismes en équitation à coupler par deux,
mais ce n'est pas l'objet de cet ouvrage. J'ai longuement traité de
l'auto-posture dans les deux autres volumes de cette trilogie.
Le travail à pied par l'auto-posture du cheval et L'équitation
par l'auto-posture du cheval.
La cession de l'intervention, en particulier de deux
manipulations antagonistes, et même la cession de toutes
aides, en dehors de l'aide de poids, permet, par auto-posture
du cheval, l'obtention de mouvements et d'airs.
La cession de l'intervention, en particulier de deux manipulations
antagonistes, et même la cession de toutes les aides, en
dehors de l'aide de poids, permet, par auto-posture du cheval,
l'obtention de mouvements et d'airs.
Intérêt de l'auto-posture
du cheval : efficacité et absence de conflit. Si le cavalier
cherche à mettre directement dans la posture correcte
un cheval non préparé à cette posture, il
obtient toujours une réaction en sens inverse et fait
naître toutes sortes de résistances. En ce qui concerne
ces dernières le cheval est un grand spécialiste
... Un exemple, la recherche du ramener, sans préparation,
donne toujours un résultat fautif. Même si le cheval
finit par placer sa tête à la verticale, la base
de l'encolure n'est pas relevée pour autant. Et bien souvent,
c'est une lutte sans fin entre le cavalier qui pousse avec ses
jambes et retient avec ses mains, et le cheval, qui tire pour
lever le nez. Elévation maxima de l'encolure sans ramener
(au début)/flexion au poitrail sont les manipulations
antagonistes et régulatrices, les manipulations extrêmes
et préparatoires, qui amènent le cheval à trouver,
par auto-posture, le ramener correct, lorsque la verticalité de
la tête est un élément de la contre-flexion
cervicale.
La théorie et la pratique de l'auto-posture du cheval
sont personnelles.
Une longue expérimentation me permet
d'affirmer qu'elle permet de résoudre avec efficacité,
douceur et élégance, la plupart des problèmes équestres.