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STAGES ET COURS PARTICULIERS
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de Jean-Yves Le Guillou

EQUITATION - DRESSAGE

ÉQUITATION ÉTHOLOGIQUE-
ÉQUITATION BAROQUE- ATTELAGE

Une méthode originale pour éduquer les chevaux

Équitation Sensuelle

Premier dressage, huile sur toile de Saint Genies, 1986. Extrait du livre de Jean-louis Gouraud Femmes de cheval, Éditions Favre, Lausanne, 2004

Équitation sensuelle ?!?!

Une cavalière ingénue m’a dit un jour : « Équitation sensuelle, votre titre est ambigu ».

Et ma réponse spontanée a été la suivante « Oui, mon titre est ambigu et… volontairement ambigu ».

Voici un texte d’une élève de JYLG

Je le laisse passer entre mes jambes ouvertes, mon sexe offert... Le frottement du cuir... Du tissu...

Le sexe gonfle de désir, les prémices du désir à peine cachés...

Lorsque j'ai été belle, la poitrine fièrement en avant, le téton tendu sous mon pull, il ne s'est pas contenté de trotter, non, il s'est élancé dans un galop endiablé... Il a galopé comme ça de longues minutes... Des instants charnels, de passion, d'amour, de désir à assouvir.

Il s'est arrêté écumant comme jamais... Sa respiration était roque à mon oreille, il écumait...

Lorsque j'ai été belle... Je dis souvent à mes cavalières « Faites vous belle ! ». Cela consiste à cambrer le dos, sans forcement, pour des raisons équestres, pour rétablir l’efficacité de la position et retrouver sa beauté, par exemple lorsque ce dos s’est arrondi et s’est excessivement porté en avant, ou pour faire une demande d’accroissement du rassembler.

Et ce cambrer met en valeur une partie du corps de la femme, un élément très important de sa beauté... La femme se fait belle !

Quelles sont les composantes de l’équitation sensuelle ?

  • Équitation érotique ?
  • Sentiment ?
  • Tact ?

Équitation érotique ? Oui !

De sensuelle…

Voici un écrit d’une élève de JYLG

Une équitation sensuelle.... que certains avertis comprennent, que d'autres devinent, et que tous voient le corps d'une femme se fondre à celui de son cheval.

Une femme dont le corps change, dont les seins se gonflent et s'exposent, et dont le sourire point.

Les jambes descendent dans les étriers, le cheval passe, libéré, libre.

Ce ne sont plus deux corps qui se rencontrent mais un rythme qui se crée. Le va et vient d'une course folle, folle.

Et ils tournent, et ils dansent, dans l'harmonie de deux corps qui se frôlent, se collent.

Dans le tourbillon d'un moment d'ivresse... De plaisir...

L'équitation sensuelle ne se pratique bien que dépourvue de tabous. Et que le plaisir coule, se répande... Et que les corps s'exaltent !

Pour que femme et cheval se confondent et deviennent... la centauresse aux seins nus!

 

Centauresse - Peinture de Julie Bell

L’équitation devient… érotique :

Nous avons tous connu l’ivresse du trot très rassemblé, et pour certains, celle encore plus forte, du passage… (voir plus loin L‘ivresse érotique du trot très rassemblé et du passage).

 Nous avons tous connu l’ivresse du galop (voir plus loin L’ivresse érotique du galop).

 Et certains connaissent des sensations très fortes :

Je l'enfourchais à cru et laissais la chaleur de son poil soyeux caresser mes lèvres intimes. À la première indication, il se mit en marche d'un pas souple et élastique. Je l'accompagnais avec mon bassin, les jambes ouvertes. J'éprouvais une sensation très vive. Mon sexe gonflait et durcissait à son rythme.

Mon orgasme lui fit prendre le galop. Un galop fou et sans retenue à travers les champs. Le frottement s'accélérait, s'amplifiait à chaque foulée. Le buste rejeté en arrière, je sentais mes seins durcis par l'excitation. Fièrement, je les offrais au vent. Plus j'exultais et plus ma monture redoublait d'ardeur. Liés l'un à l'autre, nos deux odeurs mêlées, nous étions si réceptifs qu'au moindre frôlement, nos corps réagissaient.

Antoinette Delylle, Fin d'Été, texte dit par son auteur à la Maison des Cultures du Monde, Paris, le 12 juin 2003

Texte reproduit dans l’ouvrage de Jean-Louis Gouraud Femmes de cheval, Éditions Favre, Lausanne, 2004

Ces plaisirs, cachés le plus souvent, ne concerneraient-ils que les femmes ?

Pas du tout, voici le témoignage d’un homme :

Quand certains jours, je ressens l’appel pressant, lancinant, de la femme, et que femme je n’ai pas, je monte mon cheval. Lorsque j’ai la verge raide, ce n’est pas le plaisir du jaillissement de la semence, et le bien-être qui s’en suit, que je recherche, mais l’appui sur la selle de la partie durcie par l’érection de mon perinée.

Au trot, à la fin de chaque mouvement descendant du corps du cheval, lors de la reprise de contact avec le sol, lorsque la force cinétique, du corps du cavalier, exerce une forte pression sur son perinée, ce dernier prend un fort appui sur la selle. Puis, une fraction de seconde plus tard, le mouvement ascendant, la force cinétique, du corps du cheval cette fois, exerce une nouvelle pression sur le perinée.

De bien délicieuses pressions qui se répercutent jusqu’au gland...

Au galop, la bascule du corps du cheval à chaque premier temps, lorsque l’avant-main s’élève, exerce une pression sur le perinee, une pression intense, qui se répercute tout le long de la verge.

Ces pressions décuplent le plaisir de l’érection. Un plaisir particulièrement intense, sans les jets que d’habitude on recherche, et qu’au contraire je retiens, pour faire durer longtemps, pour faire culminer la jouissance et la goûter longtemps.

Un mythe !? Et si l’on interroge les cavaliers et les cavalières sur la sensualité à cheval, les réponses les plus fréquentes, négatives, sont les suivantes : « Moi, je ne sens rien, c’est une histoire invraisemblable! », « Cela fait vingt ans que je monte à cheval, et je n’ai jamais rien ressenti, c’est une construction de l'esprit, le fruit de l'imagination, une légende», « Moi, en ce qui concerne les sensations, je n’ai que des douleurs, alors votre histoire de sensualité à cheval, une plaisanterie, un mythe! ».

Eh oui, et ces cavalières et ces cavaliers ont raison. Ils ne sentent rien de sensuel, et, en réalité, ils ne sentent rien du tout.

Pour sentir, pour avoir des sentiments (Voir plus loin, le paragraphe Sentiment ? Oui !), il ne faut pas monter à cheval comme eux. Ils montent, tous muscles bandés, ils « tirent dessus » et « rentrent dedans ». Ils conduisent leur cheval avec des muscles, comme un camion. Que peut-on sentir du cheval dans ces conditions ? Rien.

Il faut apprendre, pour avoir le plaisir, le plaisir tout court, à monter avec très peu de main, très peu de jambes, rechercher cette équitation perdue en France, hélas, et qui s’appelle L’Équitation de Légèreté. Alors ils auront un instrument de musique à cordes dans les mains, un instrument dont ils ne pinceront que délicatement les cordes. Alors, ils se contenteront d’approcher leurs jambes, et leur cheval réagira au souffle de la botte ! Et… Alors ils danseront avec leur cheval !

Mon manuel est fait pour ces malheureux !

L‘ivresse érotique du trot très rassemblé et du passage

Eh oui, et ces cavalières et ces cavaliers ont raison. Ils ne sentent rien de sensuel, et, en réalité, ils ne sentent rien du tout…

Et je n’ai pas tout dit.

Ces malheureuses cavalières, tétanisées sur leur cheval et qui ne peuvent rien ressentir, ignorent que celles qui ont un plaisir sexuel à cheval ne le ressentent pas que sur leur clitoris gonflé, raide, le gland sorti, et dans leur vagin qui se transforme en fontaine.

Elles ont des seins qui vibrent… Des seins qui chantent.

Elles retrouvent à cheval la position Andromaque. Je sais, cette positon est née de l’équitation… Mais les gentes cavalières sensuelles pratiquent les deux… La position à cheval et la position sur l’homme…

Dans la position Andromaque, elles ne montent pas à cheval (« monter à cheval »), elles montent à homme (« monter à homme »… C’est, linguistiquement parlant, nouveau).

Et il y a une interaction entre les deux activités.

Un cavalier/écrivain a publié, en 1991, il y a plus de vingt ans, ce texte :

Le jeu du rein à cheval est le même que celui de l’amour physique entre la femme et l’homme. Autrement dit, faites l’amour à votre cheval !

Le cavalier en question, à une époque où les cavalières étaient moins libres qu’aujourd’hui, à une époque où elles ne faisaient pas de « confidences » érotiques à leur professeur d’équitation, contrairement à aujourd’hui, le cavalier en question a reçu quelques remarques malicieuses de personnes… « sérieuses ».

Mais qui est donc ce cavalier et dans quel ouvrage a t-il publié ces propos « osés », à une époque qui était encore dans la préhistoire de la sexualité ?
Jean-Yves Le Guillou 
L’Équitation respiratoire et angulaire, Lavauzelle, Paris 1991.

Interaction, la preuve ?

Les femmes qui font le mieux l’amour, ce sont… les cavalières.
Heureux l’homme qui, dans son lit, a une cavalière !

Dans la position Andromaque, les gentes damoiselles et les gentes dames contrôlent le frottement de leurs délicats organes du plaisir, même si leur homme les aide, en les tenant par les hanches, à trouver le va-et-vient érotique qui mène à  l’extase.

Dame, vous le savez, La friction crée l’orgasme.

Et leur homme prend et leur donne le plaisir des seins en soulevant leurs douceurs de façon rythmique ou en prenant leurs bourgeons entre le pouce et l’index…

Reprenons la position, vous avez souvent entendu, la position crée… Cette fois la position à cheval.

Et que se passe t-il à cheval ?

Le cheval remplace l’homme pour l’indispensable friction.

Au trot, particulièrement.

Le trot est une allure diagonale, sautée. Il comprend une période de suspension simple ou de suspension et projection selon les variations. C’est une allure à deux temps.

Le jeu du rein permet d’absorber, et de contrôler, les mouvement verticaux du cheval :

  • Flexion (voussure) du rein : suspension/projection du cheval ;
  • Extension du rein : descente du cheval.

Et de contrôler… Important pour la cavalière sensuelle !

Pendant l’ascension du cheval, la cavalière sensuelle prend contact avec la selle avec ses ischions, ses organes « sensibles », ses organes « du plaisir »  sont « au repos ».

Mais, mais… Pendant la descente du cheval, pendant l’extension de son corps, la cavalière prend un léger appui sur son clitoris, appui léger qui lui donne le plaisir.

L’ouverture du rein, l’extension du corps, permet à la cavalière d’avoir la très précieuse, la bien douce adhérence, qui, sans cesse renouvelée au trot, mène… à l’extase.

La femme qui fait un va-et-vient érotique dans la position Andromaque, se fait caresser les organes « sensibles » par… le cheval.

L’homme qui tient les hanches de sa compagne lors de la position Andromaque est remplacé… par le cheval.

Appui léger, pour avoir le plaisir, rien que le plaisir, alors que les malheureuses cavalières, celle citées au début de ce paragraphe, les tétanisées, parlent de douleur.

Et le plaisir des seins ?

Les cavalières les plus sensuelles qui n’ont pas des seins trop gros, trop lourds, augmentent le plaisir que toutes les sensuelles ont, en ne portant pas de soutien-gorge et elles couvrent d’un tissus léger et doux leurs pommes de chair, leurs poires de chair, leurs pamplemousses de chair, pour que leurs pointes, leurs bourgeons, puissent se délecter du doux frottement du tissus, aussi bien, cette fois, pendant l’ascension, que pendant la descente du cheval.

Pendant l’ascension, les bourgeons descendent et reçoivent une délicieuse caresse.

Pendant la descente, les bourgeons remontent et reçoivent une autre délicieuse caresse…

Et que celles qui ont les seins abondants ne soient pas frustrées !

Portez un soutien gorge très fin sans armature, une brassière de sport très fine ! Vous sentirez le doux frôlement du léger tissus de votre chemise, de votre pull maille fine !

Et pour toutes, un boxer fin, sans coutures ! Sans coutures… Si des coutures marquent votre peau, mettez le coupable à l’envers, coutures à l’extérieur ! J’ai donné ce conseil il y a vingt ans ! Il serait dommage que des coutures vous empêchent de… vous épanouir !

Et deux derniers conseils…

Mes réflexions sur le trot ne concernant pas que le trot assis.

Au trot enlevé…

Les mêmes délices sont présents.

Pour les vivre avec plus d’intensité…

La cuisse rapprochée de la verticale, étrivières longues, permet à la cavalière :

  • De s’enlever sensiblement moins haut au-dessus de la selle que la cavalière qui a les étrivières courtes ;
  • Un retour moelleux sur cette selle, et par conséquent,
  • De sensibiliser ses organes du plaisir ;
  • De les amener à vibrer ;
  • À chanter ;
  • À pleurer de joie, à chauds jets de cyprine…

Intéraction ? Voici le témoignage de l’une de mes cavalières :

Visualiser l’étreinte, la cambrure, son sexe virile, la dureté du contact, la violence de l’étreinte finale, comme on jette ses dernières forces dans la bataille. Être à cheval comme on est à homme...

Mon cheval entre les jambes. Si j’osais…

« le laisser passer », "se faire belle"… interrogations, ma tête explose à trop vouloir conceptualiser le moment. Je vois ce corps masculin sous moi, homme-cheval, cheval-homme. Je vois ce corps masculin donc et ma recherche de plaisir. À chaque mouvement, j’oscille, comme pour l'englober plus profondément.

Doucement, quelques mouvements à peine perceptibles pour commencer. Le contact est doux, je serpente sur le dos qui m’est offert, prise dans la selle, le cuir, l’odeur musquée. Dans ma respiration je sens les prémisses d’une excitation? D’un désir?

L’homme… ma tête en est pleine. Je vois le gland pointé, mes mouvements pour faire pénétrer sa verge, plus loin.

Yeux clos… Le cheval avance, plus rapidement il me semble… ou… Est-ce moi qui bouge plus vite?

Haut, bas, haut, bas, il titille mon clitoris à chaque changement de position… je respire profondément, mouvement du bassin… respiration… nouveau mouvement… agréable…

Je chevauche le cheval-homme. Le contact s’intensifie. Haut, bas, haut, bas. Je sens mon clitoris se raidir, haut, bas… je me laisse pénétrer plus profondément. Gonfle la poitrine, l’air y pénètre.

Trotte, trotte… aspiration plus saccadée, l’air entre, mouvement, sort, nouveau mouvement… mon corps s’humidifie.

Je ne suis plus le mouvement, je le vis au même rythme… cadence… mouvements…

J’ai du plaisir… du plaisir… que je voudrais voir durer. Mais… Ma tête est propulsée en arrière, mon dos se cambre, ma poitrine s’ouvre sur une dernière inspiration violente.

Je suis retombée en avant, dans le crin soyeux. Les jambes un peu flageolantes je descends de ma monture.

Pantelante, je regarde le cheval-homme dans les yeux… je sors de mes élucubrations mentales... Non, je regarde mon cheval dans les yeux! Mon cheval?

Il est suant… respire vite et fort…

Lui aussi…

Et moi JYLG, Je sais, je sais, il y a des esprits chagrins qui me diront peut-être :

JYLG vous êtes un pervers !

Et je réponds non ! Non !

Je n’ai fait que dévoiler, sous le couvert de l’anonymat, quelques témoignages.

Je n’ai fait que parler d’une réalité bien vivante !

Une réalité !

Mon seul péché, si péché, il y a, et je ne le pense absolument pas :

Je trouve l’orgasme de la femme, à cheval, beau, bien beau, plus, Magnifique, Énivrant !

J’enseigne l’équitation depuis plus de vingt ans…

Et je lance un défit :

Que celle, parmi mes élèves, qui aurait reçu de moi une proposition malhonnête, et même entendu, le moindre propos douteux, ambigu, se lève, me pointe du doigt et crie, Non ! hurle, hurle, hurle !

J’accuse !

L’ivresse érotique du galop

Voici un écrit d’une élève de JYLG

Mon corps s'ouvre, mes seins sortent de mon soutien gorge, le cheval sent. Il lève ses oreilles, hésite... puis se laisse convaincre par la force du désir.

Il galope, furieusement... Il jette ses antérieurs comme un effréné... le contact du cuir de la selle, mes jambes ouvertes, la passion de l'étreinte. Ses sabots heurtent en cadence le sable du manège, il souffle bruyamment.

Là, ensemble, nous connaissons la passion du désir en progression. Mes jambes s'écartent d'avantage, le laissant entrer plus encore. Frôler cette intimité à m'en humidifier... Je coule alors qu'il sue... Il a accéléré la cadence. J'anticipe les mouvements, mon pubis suit les mouvements, ces allers retours vaillants, puissants...

Dans sa course folle ma poitrine se soulève, j'aspire l'air à pleins poumons. L'air et l'odeur, son odeur, ma main a empoigné son crin, sans douceur. Le cuir me caresse et ce sont ses foulées qui m'en donnent le rythme. Autour de nous, tout s'est arrêté. Et dans cette boule de lumière dans laquelle nous évoluons, mon corps se redresse, mes muscles se bandent, plus encore.

Je ne suis plus humide mais mouillée. Il le sait... Érotique de ferveur pour sa belle cavalière. Échevelée. Dégoulinante.

Dans une profonde inspiration de plaisir, j'ai laissé échapper un cri... il s'est arrêté... volutes de fumées... naseaux grands ouverts à l'air de la nuit... Amour...

Sentiment ? Oui !

Le sentiment est un bien joli mot de l’équitation traditionnelle, un mot qui remonte dans la nuit des temps et qui faisait partie du langage délicat des « Anciens », celui des écuyers des XVIIe et XVIIIe siecles.

Vous n’avez peut-être vu dans le témoignage ci-dessus, celui du cavalier, que les jouissances d’un cavalier lubrique ? Eh bien il y a beaucoup plus, vous avez dans son texte plusieurs manifestations... du sentiment.

Reprenons deux parties de son texte.

Lors de la reprise de contact avec le sol... Une sensation fugitive au trot, mais ce cavalier « vit » parfaitement cette reprise de contact.

La bascule du corps du cheval à chaque premier temps. Une sensation fugitive au galop, mais ce cavalier «vit» parfaitement cette bascule.

Ce cavalier écoute son cheval. Écouter son cheval, une autre belle expression des Anciens. Le cavalier écoute son cheval lorsqu’il repère, lorsqu’il vit, tous les sentiments qui naissent du corps de son cheval, de ses allures, de ses postures...

Qu’est donc le sentiment ?

Le sentiment, c’est la perception d’une sensation, la prise de conscience de la sensation.

Ce terme équestre ancien recouvre donc une réalite plus vaste, et bien plus subtile, que le mot de la langue moderne, sensation.

Il y a une multitude de sentiments en équitation. Dans ce manuel, nous apprendrons à les reperer, à les « vivre ».

Étudions un autre sentiment, ici brièvement, simplement pour vous en montrer l’importance, pour vous montrer le rôle décisif qu’il peut jouer.

Oui, un sentiment ahurissant, troublant !

Ahurissant, par le nombre impressionnant des conséquences sensuelles et équestres qu’il peut avoir.

Ahurissant, puisqu’il m’oblige à lui consacrer un stage de six jours et de refuser catégoriquement les trois jours que je donne souvent. Trois jours, non ! Ce n’est pas assez !

Troublant, parce qu’il permet au cavalier de remettre en cause toute son équitation, et de la faire grandement progresser…

Troublant encore, parce qu’il permet de mettre en cause l’enseignement de l’équitation et de montrer, à lui seul, sa plus grande faiblesse.

C’est le sentiment de la verticalité d’un antérieur.

Ahurissant, par le nombre impressionnant des conséquences sensuelles et équestres qu’il peut avoir…

En voici la liste :

  • Pour le départ au galop. J’y reviendrai dans le paragraphe suivant Tact ? Oui !
  • Pour savoir si l’on est sur le bon pied au galop. Par exemple, la pression sur le jarret gauche, suivie de la pression sur le jarret droit, indiquent au cavalier qu’il est au galop à droite ;
  • Pour une intervention sur le galop, ralentissement, changement de pied, arrêt ;
  • Pour demander le changement de pied au galop, Par exemple, au galop à droite, la pression de l’antérieur, droit vertical, fait savoir au cavalier que tous les autres membres sont déjà « en l’air » et que la projection au cours de laquelle se fera l’inversion des membres, et de l’équilibre du cheval, va bientôt suivre ;
  • Pour savoir sur quel diagonal on est au trot enlevé. Par exemple, si le cavalier, pendant le laps de temps où il est assis, ressent la pression de l’antérieur droit à travers la selle, il sait qu’il trotte « sur » le diagonal droit ;
  • Pour tourner au cours d’une période favorable au cours du pas, du trot, du galop ;
  • Pour travailler le galop au pas (oui, c’est possible et même souhaitable) ;
  • Pour mesurer les progrès du rassembler à partir de la verticalité d’un antérieur ;

Ressent la pression de l’antérieur… Des explications !

Patience, je vais vous dire ce qui se passe !

La verticalité d’un antérieur est ressentie, à travers la selle, par le jarret du cavalier. Ceci est dû au recul de la masse musculaire de l’épaule.

La masse musculaire de l’épaule recule lorsque l’antérieur du cheval passe d’une période, début de l’appui, membre incliné d’arrière en avant… à une autre période, le milieu de l’appui, le membre passe alors à la verticalité.       

La verticalité de l’antérieur permet l’optimisation de plusieurs demandes du cavalier, dont l’une des plus importantes est le départ au galop. Notez Période, Départ au galop et l’expression Optimisation des demandes du cavalier. J’y reviendrai dans le paragraphe suivant.

Comment acquérir le sentiment de la verticalité d’un antérieur ?    

Dans ce manuel, le cavalier apprend tout d’abord à sentir cette verticalité d’un antérieur, puis à en acquérir le sentiment.

Dans un premier temps, et un premier temps seulement, le cavalier regarde et note la sensation.

Sentir, c’est la première étape dans l’apprentissage du sentiment : apprenez à sentir, et vérifiez, si vous situez bien, avec le jarret, une période importante, le milieu de l’appui des antérieurs. Le membre est alors vertical.

Dans cette méthode vous trouverez une technique précise pour sentir la verticalité d’un antérieur, puis pour en acquérir le sentiment, Initiation au sentiment : le sentiment par la visualisation et la cessation de la visualisation.

Le sentiment est acquis lorsque le cavalier peut l’utiliser instantanément, sans effort intellectuel, instinctivement, pour une opération essentielle (par exemple, tourner, départ au galop…).

Et n’oubliez pas ce que je vous ai dit, Il y a une multitude de sentiments en équitation.

Le sentiment, c’est la « juste » perception des questions et des réponses du cheval.

Les sentiments constituent une partie fondamentale de l’Équitation sensuelle.

Tact ? Oui !

Le tact n’est pas une qualité mysterieuse. L’Équitation sensuelle que je présente est destinée, entre autre, à démystifier, cette idée reçue... et fausse.

Sentiment et tact

Pour changer de pied au galop, le cavalier doit avoir du tact afin de sentir le moment opportun. Pour que le cheval ne s’arc-boute pas sur les antérieurs lors de l’arrêt à partir du galop, le cavalier doit user de tact afin que le cheval reste rassemblé. Le demi-arrêt, opération essentielle, demande beaucoup de tact.

Tact, tact ...

Je parodie la littérature équestre : le tact serait une qualité que l’on a ou que l’on a pas et une grande partie de l’équitation raffinée ne pourrait s’expliquer, et ne pourrait être atteinte, que si l’on a cette très précieuse et très subtile qualité. Ce tact serait de plus mystérieux :

  • Il résisterait à toute définition précise, il s’agirait de délicatesse, de raffinement, d’habileté … ;
  • Il serait inné, mais susceptible de perfectionnement par une pratique assidue ;
  • Il a bon dos : nous avons tous constaté que les théoriciens qui ne parviennent pas à expliquer les subtilités de tel ou tel autre exercice, ou air, concluent, pour mettre un terme à leurs explications, et parfois pour prévenir nos questions gênantes, que « c’est une question de tact ».

Tout cela est assez énervant, voire révoltant. Les dons, cela existe, bien sûr. Tout le monde peut devenir danseur, mais non danseur étoile ... Mais nous sommes tous capables de nous éduquer, de nous raffiner, et le cavalier ne fait pas exception. Le tact, raffinement équestre, existe, tout le monde est d’accord, mais il faut cerner cette réalité :

Il faut définir, expliquer la nature profonde, et surtout trouver une méthode qui permette d’acquérir le tact !

Connaître les allures, sentir les allures, connaître et sentir les oscillations de l’encolure, c’est le sentiment, intervenir sur les unes et les autres, c’est le tact. Autrement dit :

  • Au cours du sentiment, le cheval envoie des messages, le cavalier « écoute » le cheval ;
  • Le sentiment c’est la " juste " perception des questions et des réponses du cheval.
  • Au cours du tact, le cavalier envoie des messages, le cheval « écoute » le cavalier ;
  • Le tact, ce sont les réponses “justes” faites au cours de la conversation entre le cavalier et le cheval.
  • L’éducation du cavalier passe du sentiment au tact.

Les allures et les oscillations de l’encolure pouvant être analysées en détail, les sensations du corps du cavalier pouvant être décrites, le corps du cavalier pouvant être éduqué pour percevoir ces sensations, le mouvement des membres et les allures pouvant être modifiés par les aides du cavalier, l’encolure pouvant être enroulée et rétractée, ou déroulée et étendue, sentiment et tact peuvent donc s’acquérir. Même si le degré de raffinement acquis est variable selon les cavaliers, il faut affirmer avec force, mais aussi prouver, que ces deux qualités sont accessibles à tous. L’objet du présent ouvrage se trouve ainsi défini :

L’Équitation sensuelle est basée sur la locomotion du cheval et elle met l’accent sur la perception par les sens de tous les mouvements et l’optimisation des demandes du cavalier, par l‘utilisation de périodes favorables.

L’Équitation sensuelle est une méthode d’équitation générale qui met l’accent sur l’acquisition du sentiment et du tact.

J’ai écrit Troublant encore, parce qu’il permet de mettre en cause l’enseignement de l’équitation et de montrer, à lui seul, sa plus grande faiblesse.

La plus grande faiblesse de l’enseignement de l’équitation ?

Très peu de théoriciens ont donné des précisions concernant l’optimisation des demandes en tenant compte de l’évolution précise des membres.

Il y a un fait surprenant et bien troublant : les théoriciens nous disent quels sont, selon eux, les moments propices pour demander, et obtenir, un départ au galop, un changement de pied ou toute autre modification de l’allure ou du mouvement, mais ils ne nous indiquent pas comment sentir ces moments propices. Ils raisonnent « cheval » et non « cavalier ».

Nous n’avons pas le sentiment.

Les théoriciens ne nous donnent que le tact, et sans le définir, et, par conséquent, il est bien difficile de suivre leur pratique.

Les théoriciens de l’équitation, en nous indiquant les temps et les périodes favorables, le tact, sans nous indiquer le sentiment préalable et indispensable correspondant, nous mettent aux frontières de l’impossible.

Temps et périodes favorables

Le temps favorable ou la période favorable, c’est le moment où le cavalier a le plus de chance de réussir une opération, d’obtenir le plus facilement un changement d’allure (une transition), une modification de l’allure (une variation) ou un mouvement particulier, éventuellement avec une seule aide de poids.

Le temps favorable ou la période favorable, c’est l’instant, fugitif, où le cheval a le plus de chance de trouver par lui-même, la posture, le geste, souhaités, par auto-posture.

Nous devons avoir le sentiment de certaines sous-divisions des temps, les périodes favorables qui permettent au cheval de se plaire dans son geste, de trouver, par lui-même, solution aux questions, aux problèmes que lui pose son cavalier, en un mot de s’épanouir par l’auto-posture.

Alors Le cheval se plaît dans son air. Une autre belle expression des Anciens.

  • Les périodes, doivent être systématiquement employées pour l’optimisation des demandes du cavalier;
  • Pour un cavalier donné, en fonction de ses capacités, de ses préférences et de ses aspirations, la règle est la suivante : utiliser, de façon absolue, la même période pour obtenir un mouvement donné.
  • Cette règle respecte un aspect fondamental de la personnalité morale du cheval. Le cheval en effet redoute l’inconnu. Il aime la routine qui le sécurise.

Il y a six périodes dans le mouvement des membres du cheval, trois « au sol » et trois » en l’air.

Dans ce manuel, le cavalier apprendra à avoir le sentiment et le tact de ces six périodes.

Un exemple du passage du sentiment  au tact

La verticalité de l’antérieur permet l’optimisation de plusieurs demandes du cavalier, dont l’une des plus importantes est le départ au galop.

Un seul exemple dans cette présentation de L’Équitation sensuelle,

Le Départ au galop.

Kashmir, étalon PSE, au trot, au Haras de Kerhors. L’antérieur gauche est à la verticale, le postérieur droit pourrait marquer le premier temps d’un galop à gauche.

Phidias, AA, au pas, au Haras de Kerhors. L’antérieur gauche est proche de la verticale, le postérieur droit est au début de l’appui ,«en place», pour marquer le premier temps d’un galop à gauche.

Pour le départ au galop, ce n’est pas la verticalité d’un antérieur elle même qui est intéressante !

La perception de cette verticalité permet de « situer » un postérieur, celui qui est en diagonale par rapport à l’antérieur vertical.

Et les postérieurs sont plus difficiles à « sentir » ...

Si l’antérieur gauche est à la verticale. Le postérieur droit est au début de l’appui, prêt à « marquer » le premier temps d’un galop à gauche.

 

La période favorable pour demander un départ au galop : lorsqu’un antérieur est vertical, le cavalier demande le galop du côté de cet antérieur vertical.

Plusieurs photographies de chevaux montés, photographiés au cours de ce temps favorable et de cette période favorable seront placées ici. Au cours des stages de JYLG récemment donnés, en mai et juin 2011, 4000 photographies ont été prises… JYLG, surchargé de travail, n’a pas encore eu le temps de les examiner…

L’Équitation Sensuelle ?

C’est apprendre une technique…

Pour l’acquérir, il faut, comme le pianiste et le violoniste, faire ses gammes. C’est parfois un peu fastidueux pour les intuitfs qui naïvement improvisent… Mais ces derniers finissent par se rendre compte qu’ils font fausse route… Et quand ils se décident à faire leurs gammes, ils réalisent rapidement que c’est une voie qui les conduira à… L’extase.

L’Equitation Sensuelle ?

C’est apprendre une technique… et à la maîtriser, à un point tel, que lorsque l’on monte à cheval on n’y pense plus jamais, et que…

La cavalière, le cavalier, peuvent alors se laisser aller à la sensualité la plus effrénée.

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